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Places limitées : je prends peu de clients en même temps

Un dirigeant envisage de déléguer ses posts, et quelqu’un dans la pièce lâche la phrase : « quand même, faire écrire ses posts par un autre, c’est un peu de la triche ».

Je l’entends à chaque fois.

Elle revient aussi en commentaire, sous les publications qui marchent trop bien.

Le ghostwriting LinkedIn™ n’est pas malhonnête en soi. Il le devient quand le texte publié raconte une expérience que la personne n’a pas vécue, défend une conviction qu’elle n’a pas, ou affiche une expertise qu’elle serait incapable de soutenir en rendez-vous. Tout se joue sur l’origine des idées. On se fiche de savoir qui a tapé le texte.

Je fais ce métier. J’écris pour des dirigeants, donc j’ai un intérêt évident dans la réponse et vous avez raison d’en tenir compte en lisant la suite. C’est aussi pour ça que je vais poser des critères qui condamnent une partie de mon propre métier.

Le ghostwriting LinkedIn™, c’est malhonnête ?

Pas tant que ces 3 choses sont respectées : les convictions de l’auteur, son expérience vécue et sa décision de publier. Quand ces trois éléments viennent de lui, le ghostwriter travaille sur une matière qui existait avant lui. Il choisit un angle, une structure, un rythme. Il ne fabrique pas la pensée.

Parler de triche, ça suppose une règle. Laquelle ?

Sur LinkedIn™, elle tient en une phrase : ce que vous publiez sous votre nom doit être vrai, et vous devez pouvoir le défendre.

C’est tout. Rien sur qui met les mots dans l’ordre.

Reste qu’il y a des degrés de délégation, et que tout ne se vaut pas.

DÉLÉGATION CROISSANTE LIGNE ROUGE 01 Vous écrivez, on corrige 02 Vous dictez, on rédige 03 On vous interviewe, on rédige, vous validez 04 On écrit d’après votre matière, vous validez 05 On invente, vous signez sans lire
Les quatre premiers crans relèvent du travail d’écriture. Le cinquième change de nature.

Un dirigeant qui passe une heure par mois avec son ghostwriter et valide chaque texte est au cran 3. Celui qui reçoit dix posts par mois sans les lire est au cran 5.

Le premier délègue une compétence. Le second délègue son nom.

Les dirigeants écrivent-ils vraiment leurs discours et leurs livres ?

Rarement, et cette pratique est bien plus ancienne que LinkedIn™. Les discours politiques passent par des plumes, les autobiographies de personnalités mentionnent souvent un co-auteur, les tribunes signées par des PDG sortent des équipes de communication.

Le cas le plus documenté reste Profiles in Courage, publié en 1956 sous le nom de John F. Kennedy et récompensé par le prix Pulitzer l’année suivante. Son conseiller Ted Sorensen a reconnu dans ses mémoires, parues en 2008, en avoir rédigé une grande partie. Le prix n’a jamais été retiré, et personne ne lit ce livre différemment aujourd’hui.

À l’Élysée comme à la Maison-Blanche, la plume est un poste, avec une fiche de fonction. Personne ne considère qu’un président triche quand il prononce un discours écrit par son équipe. La responsabilité de ce qui est dit lui revient entièrement, quelle que soit la main qui a écrit.

Quand est-ce que ça devient vraiment de la triche ?

L’anecdote fabriquée

Le post invente un client, un échec, un dîner, une conversation, alors que rien de tout ça n’a eu lieu. C’est la faute la plus fréquente et la plus grave, parce qu’elle transforme un support d’expertise en fiction vendue comme du vécu. Un ghostwriter qui invente vos souvenirs vous met en danger.

L’expertise empruntée

Le contenu affiche un niveau que la personne ne maîtrise pas vraiment. Le prospect arrive convaincu par les posts, découvre quelqu’un d’autre en visio, et repart. La délégation a produit l’inverse exact de ce qu’elle promettait.

Ça se joue dans les cinq premières minutes du call. Le prospect reprend une idée lue dans un post et demande comment vous l’appliquez chez vous. S’il n’y a rien derrière, il le voit tout de suite. Il ne dira rien, il ira au bout du rendez-vous poliment, et vous n’aurez plus jamais de ses nouvelles.

Les chiffres inventés

Les résultats clients gonflés, les pourcentages sortis de nulle part, les « j’ai généré X » invérifiables. Ça dépasse l’éthique et devient juridique dès qu’il s’agit de publicité trompeuse. Un chiffre publié doit pouvoir être documenté sur demande.

La signature sans lecture

Publier sans avoir lu, c’est ignorer ce qu’on affirme publiquement sous son propre nom. La personne perd la capacité de répondre en commentaire, de tenir sa position, d’assumer une prise de parole qu’elle découvre en même temps que son audience. Aucun manque de temps ne justifie ça.

Faut-il dire qu’on travaille avec un ghostwriter ?

Aucune loi ni règle de LinkedIn™ ne l’impose. Le test utile est celui de la révélation : si vos lecteurs apprenaient demain que vos posts sont rédigés par quelqu’un d’autre, est-ce que ça changerait la valeur de ce qu’ils ont lu ?

Quand les idées, les faits et les chiffres viennent de vous, la réponse est non. Ce qui a été appris reste vrai, ce qui a été promis reste tenable. La révélation ne coûte rien parce qu’elle ne retire rien.

Quand le personnage écrit ne correspond pas à la personne, la révélation fait très mal. Dans ce cas, la délégation n’est que le symptôme visible d’un problème installé bien avant.

Certains dirigeants annoncent la collaboration ouvertement, parfois en citant leur ghostwriter. C’est un choix respectable qui règle la question d’avance. La majorité ne dit rien, exactement comme personne ne précise qui a monté sa vidéo ou conçu son site.

Qu’est-ce qui choque vraiment le lecteur ?

Presque personne ne s’indigne d’apprendre qu’un dirigeant se fait aider pour écrire. Ce qui provoque le rejet, c’est de découvrir un décalage entre la personne des posts et la personne réelle.

Un prospect qui remonte votre profil se fait une idée de vous avant même de vous parler. Puis il vous rencontre.

S’il y a un écart, il ne se dit pas que vous êtes mal accompagné. Il se dit que vous n’êtes pas fiable, et il applique ce jugement à tout ce qu’il avait lu avant.

D’où un effet contre-intuitif quand le ghostwriting est réussi : les gens qui rencontrent la personne trouvent qu’elle ressemble à ses posts, en mieux.

Utiliser l’IA pour ses posts, c’est pareil ?

Un ghostwriter compétent va chercher la matière chez vous, vos dossiers en cours, vos objections clients, vos décisions, vos chiffres. L’IA produit à partir de ce que vous lui donnez, et elle ne connaît rien de votre vécu.

Si vous lui fournissez de la matière réelle, elle devient un outil d’écriture comme un autre.

Si vous lui demandez « écris-moi un post sur le leadership », elle vous rend un texte propre, plausible et sans origine. Il pourrait être signé par n’importe qui de votre secteur.

Le risque tient dans ce vide, plus que dans le mensonge.

Et le vide vous coûte aussi cher que la triche.

Un lecteur qui a lu trente posts interchangeables ne retiendra jamais votre nom.

Comment déléguer ses posts sans perdre sa voix ?

Ce qui se délègueCe qui reste chez vous
La structure et le rythme du texteVos convictions et vos prises de position
Les accroches et la mise en formeVos anecdotes et votre expérience vécue
Le calendrier de publicationVos chiffres et vos résultats
La veille et les angles proposésLa validation de chaque post
La relecture et les correctionsLes réponses en commentaire et en message privé
Deux colonnes, une seule règle : la matière première ne se sous-traite pas

Un appel de trente à soixante minutes toutes les deux semaines suffit à alimenter un mois de contenu. À une condition : y parler de dossiers réels et de désaccords précis. Ajoutez une validation systématique avant publication, et le droit de refuser un texte sans avoir à se justifier.

Une voix se perd quand la personne cesse de fournir de la matière et se contente de valider.

Le détail de ce rythme, appel par appel, est dans la méthode de ghostwriting LinkedIn™.

FAQ Ghostwriting et éthique

Le ghostwriting LinkedIn™ est-il malhonnête ?

Non, pas en soi. Déléguer la rédaction de ses posts reste honnête tant que trois choses appartiennent à la personne qui signe : ses convictions, son expérience vécue et sa décision de publier. Le ghostwriting devient malhonnête quand le texte raconte une histoire qui n’a pas eu lieu, affiche une expertise que la personne ne peut pas soutenir en rendez-vous, ou avance des résultats faux.

Faut-il annoncer publiquement qu’on travaille avec un ghostwriter ?

Aucune loi ni règle de LinkedIn™ ne l’impose. Le test utile est celui de la révélation : si un lecteur apprenait demain que vos posts sont rédigés par quelqu’un d’autre, est-ce que ça changerait la valeur de ce qu’il a lu ? Si les idées et les faits sont les vôtres, la réponse est non. Si le personnage écrit ne correspond pas à la personne, la révélation fait très mal, et la délégation n’est pas la cause du problème.

Les dirigeants écrivent-ils vraiment leurs discours et leurs livres ?

Rarement. Les discours politiques passent par des plumes, les autobiographies de personnalités mentionnent souvent un co-auteur, les tribunes de dirigeants sortent des équipes de communication. Le cas le plus connu reste Profiles in Courage, publié sous le nom de John F. Kennedy et récompensé par le prix Pulitzer en 1957, dont Ted Sorensen a reconnu dans ses mémoires avoir rédigé une grande partie.

Quelle est la différence entre un ghostwriter et l’IA pour écrire ses posts ?

Un ghostwriter va chercher la matière chez vous : vos dossiers, vos objections clients, vos décisions, vos chiffres. ChatGPT, Claude ou Gemini produisent à partir de ce que vous leur donnez, et ne connaissent rien de votre vécu. Si vous ne fournissez aucune matière personnelle, l’IA génère un texte correct et sans origine, qui pourrait être signé par n’importe qui de votre secteur.

Qu’est-ce qui ne se délègue jamais à un ghostwriter ?

Cinq choses : vos convictions, vos anecdotes vécues, vos chiffres, la validation de chaque post avant publication, et vos réponses en commentaire et en message privé. Un ghostwriter travaille la structure, le rythme, les accroches, la mise en forme et le calendrier. La matière première et l’arbitrage final restent chez vous.

Comment déléguer ses posts LinkedIn™ sans perdre sa voix ?

Par un rythme d’échanges régulier. Un appel de trente à soixante minutes toutes les deux semaines suffit à alimenter un mois de contenu, à condition de parler de dossiers réels et de désaccords précis. Ajoutez une validation systématique avant publication et le droit de refuser un texte sans justification. Une voix se perd quand la personne cesse de fournir de la matière.

Déléguer vos posts sans y perdre votre voix

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